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Annecy

ANNECY | Aux assises : « Elle avait peur qu’il la tue ! »

ANNECY | Aux assises : « Elle avait peur qu’il la tue ! »

PUBLIE LE 28/03/2022 par Mathieu Hutin - 6417 vues

C'est la déclaration qu'a faite l'assistante sociale de l'entreprise de l'accusé, dans laquelle Marianne avait travaillé.

  • ANNECY | Aux assises : « Elle avait peur qu’il la tue ! »

    © Facebook / H2O | Mathieu Hutin
    Marianne Chèze, tuée le 16 août 2019 / La valise dans laquelle son corps a été retrouvé

Photos : Facebook Marianne Chèze | H2O Mathieu Hutin

Lundi 28 mars 2022, 9 heures. Dans la salle de la cour d’assises du palais de justice Maurice Novarina d’Annecy, quatre personnes prennent place sur le banc de parties civiles. Au fond, la mère et le père de Marianne Chèze, tuée dans la nuit 16 août 2019. Devant la mère au regard caché par des lunettes noires, soutenu par un mari droit comme un i ; le frère de la victime, rougeot et rempli par l’émotion se tenant contre la belle-sœur, elle aussi, lunettes noires sur le nez. Au moment ou l’accusé va rentrer dans son box, chacun sait que la semaine qui débute sera décisive pour que cette famille-là fasse son deuil.

L’accusé de 47 ans apparait, presque dans l’indifférence, dans le box des accusés, entouré par trois policiers. Ce technicien en recherche et développement chez GGB Aix-les-Bains est accusé de meurtre sur conjoint et encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

Acte d’accusation et déroulé des faits

Le 16 août 2019, le couple passe la soirée chez des amis. Ils y consomment de l’alcool « de façon raisonnable » selon les hôtes. Ce dont Marianne « abuse », c’est de son portable. Au point de provoquer une nouvelle scène de jalousie au retour dans leur T3 du centre d’Annecy. Elle y avouera « le retour de ses démons (selon les mots de l’accusé dans une déposition) », le retour de son infidélité avec Jérôme (à qui elle envoyait des SMS ce soir là). Elle donnera ensuite le code de son portable à l'accusé.
Le couple s’était d’abord construit dans l’infidélité au premier mari de la victime, et Driss Ouhmid avait engagé une procédure de reconnaissance en paternité pour son ainé, paternité qui avait été reconnu par la justice.

Le 17 août peu avant 8 heures, Driss ira faire son jogging avec un ami ; laissant Victorien 9 ans et Alicia 6 ans seuls au domicile du couple, le cadavre de Marianne dans cette valise bleu turquoise, fermée par un cadenas à code. Il prendra ensuite la route en début d’après-midi pour aller visiter un cousin en Italie, après un déjeuner au fast-food et le plein de carburant dans la station de l’hyper du nord d’Annecy. Durant son périple en Italie, par le tunnel du Mont-Blanc à l’aller, et le Fréjus au retour, Driss Ouhmid contactera plusieurs membres de sa famille. C’est son frère Mohamed qui appellera les policiers d’Annecy : « Driss m’a dit qu’il a tué sa femme, il rentre d’Italie pour se rendre au commissariat d’Annecy. » L’opérateur se fera confirmer ces dires par l’auteur présumé et, les gendarmes du PSIG aidé par le bornage du téléphone de l’accusé l’interpelleront sans résistance à 5h25 du matin, le 18 août, au niveau de Doussard. Driss Ouhmid donnera le code du cadenas aux enquêteurs qui découvriront le corps de Marianne, dans la valise au fond du coffre du Volkswagen Tiguan. Alors que leur père était placé en garde à vue, Victorien et Alicia, qui dormaient à l'arrière, étaient évacués à l’hôpital d’Annecy.

Je ne suis pas en mesure de m’exprimer [à cause de] la valise !

La matinée s’était poursuivie par l’audition du psychologue et du psychiatre qui ont entendu l’accusée. Un accusé incapable d'empathie selon ces derniers. Invité à s’exprimer sur ces auditions, l’accusé dira : « Je ne suis pas en mesure de m’exprimer. - Pourquoi ? répondra le président de la cour d’assises. - À cause de la valise ! C'est trop dur ! » Le président fera sortir la pièce à conviction pour permettre à l’accuser de parler. L’accusé ne reviendra pas sur son enfance et son adolescence, « pas pour l’instant » sanglote Driss Ouhmid.

Il n’aimait pas le conflit, il apaisait les tensions

« Il n’aimait pas le conflit, il apaisait les tensions. C’est un homme compétent professionnellement et reconnu ; réservé et timide, souriant et sociable. On pouvait compter sur lui, il était toujours très calme. Il ne parlait pas de sa vie personnelle. Je ne l’imagine pas faire cela par méchanceté !» déclare sa collègue de travail depuis 2014. C’est la première témoin à être entendue à la reprise de l’audience ce lundi après-midi, avant que l’avocat général, le procureur adjoint Pierre Filliard, qui a instruit le dossier, ne fasse citer à comparaitre la directrice d’enquête.

Le visage de l’horreur

L’enquête confiée à la PJ débute par l’ouverture de la valise ramenée au commissariat d’Annecy. Le récit de la capitaine de police et la projection des photos plongea la salle d’audience dans un silence de cathédrale. Dans le jury, les femmes se tiennent le visage, les mains devant la bouche. L’horreur défile sur les écrans. D’abord un mollet, puis le corps en position fœtale dans cette valise de 69 centimètres de haut par 46 de large et 19 de profondeur, sous un drap écru. Viennent ensuite les images des poignets, entravés par un serflex, serré à outrance. Puis le cou de la victime, qui a subi le même sort, au point qu’on ne distingue que la partie du serflex qui dépasse. Le plus glaçant est à venir, le dos de la victime roué de coups ; puis le visage méconnaissable, tuméfié, noirâtre, la boîte crânienne enfoncée. L’accusé regarde ses chaussures.

La capitaine de police avance les pièces du puzzle de l’enquête. Dans la Seat Léon de Driss Ouhmid, les policiers ont retrouvé des serflex noirs et blancs : « les blancs pouvant être ceux utilisés par l’accusé. » Deux mains courantes ont été retrouvées, en 2011 d’abord, ou l’homme avait disparu quelques dizaines de minutes avec son enfant « pour l’endormir » et en 2018 pour un coup de pied dans le dos, mais la victime n’avait pas porté plainte.

« L’absence de rigidité cadavérique nous laisse supposer que la mort remonte à 48 heures, donc dans la nuit du 16 au 17 août 2019. » dit l'OPJ. La perquisition du domicile du couple, dans le centre d’Annecy, permettra de découvrir des traces brunâtres pouvant être du sang, ainsi que deux mèches de cheveux. Pour les policiers, la scène de crime, c’est le salon de l’appartement de 70 m² occupé par le couple, à deux pas de la chambre des enfants. Une hypothèse que confirme Driss Ouhmid qui justifie le serflex par une relation sexuelle attachée à la demande la victime, ce à quoi ne croit pas le juge d’instruction. L’homme reconnait avoir posé les colliers, mais nie avoir voulu donner la mort.   

C’est fini, j’ai pris ma décision

L’échange SMS remonte au 9 août. L’accusé regrette deux épisodes de violence qui remonte à 2018. Des actes qu’il reconnait aujourd’hui devant la cour. Marianne Chèze annonce : « C’est fini, je suis à terre, j’ai pris ma décision. » Le couple partira pourtant en vacances ensemble dans le sud de la France et en Italie. « Elle devait partir seule et finalement Driss a été du voyage. » confirme un ami de la victime. Au retour des vacances, juste avant la fête du 16 août, Marianne consultera un médecin pour des allergies, elle exprimera des problèmes de couple, et la crainte d’être empoisonnée par son conjoint. Aucune preuve d’empoisonnement ne sera pourtant retrouvée.

Elle avait peur qu’il la tue !

L’avocat général cite à comparaitre l’assistante sociale de l’entreprise. Marianne y a travaillé un temps comme comptable. « Elle m’a parlé des violences qu’elle a subi. Elle a pleuré mais n’était pas prête à porter plainte. Elle envisageait de se désolidariser de la demande de logement plus grand que le couple avait formulé. Je l’ai sentie en très grande souffrance. Elle avait peur pour la garde des enfants. Elle avait peur qu’il la tue ! »  

Le mobile n’est pas la jalousie pour l’avocat de la défense.

Interrogé à la sortie de ce premier jour d’audience, Me Marc Dufour, pour la défense, considère que le mobile n’est pas la jalousie :

 



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